En tant que « professeur » du team, je me devais de vous préparer un petit topo sur le marathon de Paris, synthèse de mon expérience et de mes réflexions (si, si ça m’arrive !!).Et qui sait, peut-être vous donnera t-il l’envie de tenter l’expérience à votre tour?
Commençons donc…
Pourquoi courir un marathon
1) Parce que vous vous faites vieux et que la vitesse n’a jamais été votre fort.
2) Parce que vous avez toujours voulu faire un iron man mais c’est trop dur de nager 4km et de rouler 180 km avant…
3) Car vous aimez concilier sport et culture
« Si je vais à Paris, je vais visiter ».Sauf que, si vous n’avez qu’un petit week-end, à défaut de sillonner la ville la veille pour voir tous ces beaux monuments – ce qui risquerait de vous couper les jambes pour le lendemain- vous vous êtes cantonnés au seul parc des Expos de la porte de Versailles (où a lieu le Running Expo), dont l’intérêt touristique reste à démontrer…
« C’est pas grave, les monuments, je les verrai demain, en courant… » Oui, bien sûr !
Bref que des raisons positives de participer à cette épreuve mythique mais pour être tout à fait honnête, je ne vous cacherai pas qu’il y a quelques ombres au tableau et non des moindres :
a) 1 fois sur 2, on se blesse pendant la préparation (je m’inclus dans la statistique !).L’avantage avec un marathon comme celui de Paris, c’est qu’il est suffisamment important pour être retransmis en direct donc tu peux toujours te consoler en le regardant à la télé. Heureusement cette année, j’ai suivi les conseils du coach et ai ainsi évité ma traditionnelle tendinite du tendon d’Achille ! Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire, écoutez bien tonton Cédric !
b) Même si tu adores les pâtes, tu vas finir par t’en dégoûter les derniers jours avant la course et ce n’est pas sans poser de réels problèmes d’ordre presque diplomatique lorsque tu partages comme moi la vie d’une Italienne.
Cependant, je sens que ce ne sont pas ces quelques difficultés qui vont vous arrêter et que vous êtes prêts à en découdre.
Mais quelle stratégie adopter ? Voici quelques pistes.
Comment courir un marathon ?
1) ne pas chercher à suivre un collègue bien meilleur, quand bien même il vous annonce qu’aujourd’hui, il vise le même temps que vous et vous propose de faire la course ensemble.
Au 15è km, je suis sur les bases de mon meilleur temps sur la distance mais je sens aussi que cette année, je vais me cramer si je continue à ce rythme donc je souffle un peu, laisse partir Nicolas de Menton Marathon qui a l’air très bien et me débrouille bon gré mal gré pour passer en 1h21min30s au semi.
Entre-temps, j’ai constaté que la plupart des groupes de coureurs ont déjà explosé, plus moyen de se protéger au sein d’un peloton des bourrasques de vent qui balayent le parcours par endroits. Pour me consoler, j’imagine les participants au marathon de Marseille le jour où le Mistral décide de se lever.
Du 23è au 30è, j’entame la portion des voies sur berges en étant moi-même déjà bien entamé (un peu facile celle là !).Je voudrais admirer cette partie du tracé, qui est une des plus belles, mais n’en ai pas toujours la lucidité, bien éprouvé par la distance déjà parcourue et par la série de montées-descentes dans les tunnels, qui jalonnent les bords de Seine.
2) commencer la course au 30è kilo
Facile à dire…Je suis déjà dans un état « proche de l’Ohio » comme le dit la chanson.
Au 33è, je confonds le stand ravitaillement avec le stand d’épongeage et me verse la moitié du gobelet de Powerade bleu dans l’œil droit. Quelques spectateurs apitoyés et sûrement impressionnés par mon stoïcisme décident alors de m’encourager.
Au 34è, alerte soudaine au niveau de l’ischio-jambier droit, j’essaye de me décontracter, m’applique sur ma foulée, prends un gel (avec de l’eau cette fois-ci !) et miracle, la contracture ne reviendra plus –ou presque-
jusqu’à la ligne d’arrivée.
3) Finir en mode « marche ou crève »
Ou plutôt en mode « cours ou crève » mais ça sonne moins bien…
En effet, pour beaucoup, la tentation de ralentir ou marcher durant les 8 derniers kilomètres est grande et les objectifs de chrono s’envolent à ce moment précis. Mais si vous réfléchissez bien, c’est pas logique!
Ecoutez à ce propos cette petite discussion imaginaire entre un coach et son athlète (Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence…)
- T’as envie de t’arrêter ?
- Ouais !
- Mais, en même temps, t’as aussi envie d’en finir au plus vite ?
- Ouais !
- Alors, tant qu’à faire, t’as pas le choix : TU TE RENTRES DEDANS, TU TE SORS LES DOIGTS DU C… ET TU FINIS CE P… DE MARATHON AVANT QUE …
J’interromps là le discours du coach, qui est en train de se laisser emporter mais bon, on a compris l’essence de son message.
Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous pouvez aussi vous arranger pour que certains de vos proches vous attendent au 38è km pour vous encourager. Comme il est probable qu’ils aient emporté avec eux un appareil photo pour immortaliser votre exploit et que vous ne pourrez pas vous permettre de ressembler à une loque à la dérive sur leurs clichés, là-aussi vous devrez mobiliser vos dernières forces pour rester digne tant que vous ne sortirez pas de leur champ de vision (c’est à dire au bout de la grande ligne droite qui va jusqu’au 40è).
Maintenant, il reste 2km, démerdez-vous pour vous motiver, par exemple accrochez-vous au premier concurrent à portée de vue et essayez de le rattraper jusqu’à ce que le portique, installé en fin de parcours apparaisse dans la perspective de l’avenue Foch. Dans cette portion de quelques centaines de mètres, arrachez-vous et franchissez la ligne d’arrivée comme si vous aviez gagné la course !!!
Voilà, vous êtes heureux d’être un finisher et comme dirait le coach : « ça, c’est fait ! »
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Merci pour vos messages sur le facebook d’Azur Tri Athle Team & special thanks to Morad for the pictures !